Nos escales

Fornells {Minorque}

Olà !! Comment vas-tu l’ami ?!

J’espère que tu as aimé notre dernier message à portance médicale ? Bien !!

Alors c’est parti, tu peux ranger kleenex et saKavomi, on t’emmène faire un mini tour de l’Ile, à notre façon.

Avant de partir, nous avions des projets et des envies : « oh ouais, on va aller là, pis là, pis re-là.. » Nous étions déjà venus à Minorque sur un bateau-copain en 2010 donc on avait envie de revenir à certains endroits, rien que nous & Espalmador. Sauf que nous étions venus en fin d’été donc rien à voir la météo et une navigation en octobre, novembre.. Premier effet-KissCool.

Nous sommes donc arrivés à Fornells après 24 h d’une nav bien .. sympathique. La baie est plutôt vaste et vide : au fond, seulement quelques bouées privatisées et un ponton flottant pour le Club de Voile. A l’entrée, le petit port et la Capitainerie, face aux magasins et restaurants. Entre le Club de voile et la Capitainerie, il est possible de mouiller à l’ancre, sur le sable (les posidonies étant protégées), en octobre, c’est gratuit.

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Après un bref tour du village, nous constatons que la basse saison est déjà bien installée.. Seulement 5 ou 6 restos, un mini (tout mini) Félix Potin avec 4 boites de moules à l’escabèche et un demi poulet rôti sous cellophane à 10 €, ouvert de 10h15 à 10h22 les 32 de chaque mois… Nous l’avons appris au dernier moment, mais il y a une petite boulangerie près de l’Office Portuaire qui fourni aussi quelques produits frais, légumes etc.. Ouverte uniquement jusqu’à 11h. Pour l’avitaillement, on va donc devoir gérer autrement !

Le village est plutôt petit mais nous trouvons toujours quelques petites choses à faire.. nous passerons finalement 6 jours ici. Dans les hauteurs, il y a le Fort (non visitable) et une petite ‘Chapelle ouverte’ pour les bonnes prières. A nous la grande ballade sous le soleil, sur ces gros cailloux qui surplombent la mer et donnent une vue imprenable, c’est super agréable ! En face du port, une mini plagette s’offre à nous (s’y rendre en annexe) : nous découvrons un sable ultra fin et une eau bien plus chaude qu’à St Cyp 🙂 (enfin tout est relatif mais pour un mois d’octobre, ça le fait carrément..).

Un jour de mauvais temps, nous avons pris un bus pour nous rendre à Mahon : cela nous évitait d’y aller en bateau, payer le port, et refaire tout un tour pour aller à Ciutadella. Vu le temps qui se dégradait, nous avions vite prévu de ne malheureusement pas nous éterniser sur Minorque. Pour le bus, il faut débourser 3.65€ par personne pour un aller à Mahon.

Si tu veux aller au port de Fornells, la nuit t’en coutera 25€ (un bateau de 12m en cette saison). Sinon pour seulement remplir la cuve d’eau douce c’est 6€. L’accueil du personnel est relativement sympathique.

Relativement car voilà : quand tu arrives en urgence par vent (très très) fort, de nuit et que tu ‘te gares’ comme un con (parce que tu n’as pas le choix) pour éviter de frotter les cailloux, c’est pas la même limonade. Sont moins commodes les marineros..

Je t’explique : la météo annonçait un vent très fort pour la nuit qui suivait ;  le Cap’taine a donc décidé d’accrocher le bateau sur un corps-mort au fond (ceux qui retiennent les bouées l’été). Il plonge et passe une grosse amarre dans l’anneau d’un bloc de béton. C’est Ok. La nuit le vent souffle aussi fort que dans nos chers P.O. Environ 80 à 100 km d’après le Cap’taine. Sauf que l’amarre n’a pas du tout aimé le frotti-frotta régulier de l’anneau et à vulgairement pété à 2 heures du matin, dans un boucan du diable en nous sortant d’une (folle) nuit réparatrice, – un peu – en sursaut. En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, nous voilà presque à poils sur le pont, pour essayer de diriger un bateau qui reculait trop vite dans le milieu de la baie, avec un petit ilot rocailleux dans le mille. Les noms d’oiseaux fusaient entre un matelot énervé contre un Cap’taine plus qu’affolé, qui se dirigeait n’importe où et n’importe comment dans la nuit noire (et qui ne voulait pas laisser la barre à son matelot, qui lui voyait bien 🙂 ).

chat-qui-a-peur

Les gaz à fond, on a réussi à rejoindre le port en nous dirigeant avec les lumières de la ville. Une fois arrivés, c’était pas gagné non plus. Il fallait maintenant amarrer un bateau capricieux accompagné d’un vent qui forcissait encore et qui le poussait en sens inverse. Toujours en slip bien sur.. Nous avons eu la chance (ou pas) d’avoir 3 pêcheurs sur le bord qui nous ont légèrement tenus les cordages, leur jeune chiot qui jouait avec… : en fait ils servaient à rien.. !! La mise qui nous a sauvé c’est que le Cap’taine avait vu sur une vidéo récemment, le Nœud Prussique, un nœud coulissant auto-serrant ; il nous a permis de reprendre l’amarre et la tirer grâce au winch. Il fixait ce nœud sur la pendille, tirait du mou ; un autre cordage relié à la pendille était fixé sur le winch, que le matelot tournait vigoureusement (toujours en slip, hein !).  L’opération sera recommencée, tous les 50/60 cm, jusqu’à ce que nous ayons tiré assez de pendille pour être moins de travers. La bataille a duré deux heures et nous avons réussi à attacher quatre amarres avant et une seule arrière, un bateau toujours de travers, sur deux places..

Alors oui le matin, quand le marinero est arrivé et a vu comment était « garé » le bateau, il n’a pas rigolé du tout. On a eu beau lui expliquer que le vent était plus fort que nous et qu’à 3 heures du matin, nous étions un peu seuls, ben non.. C’était pas réglementaire quoi… On a eu le droit à une petite savonnette. Une fois le bateau remis en place, ils sont cools quand même.

Voilà, c’est fini pour Fornells, nous repartons heureux et reposés vers Ciutadella, à l’Ouest. Arrêts prévus dans des criques sur le chemin, pour couper les 10 heures de ‘route’.

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∴ ∴ ∴ ∴ ∴ ∴

 

Plus

Gratuite en période hivernale ♦ Baie très grande ♦ Jolies ballades autour de la baie, notamment vers le fort et sur les hauteurs ♦ 2 plagettes sur la face Est de la baie ♦ Liaisons bus pour Mahon – Es Mercadal – Son Parc – Arenall d’en Castell – Es Grau ♦ Possibilité de location de voiture (magasin ouvert le matin uniquement) pour 45€ la journée.

Moins

 

Vraiment pas beaucoup de commodités ouvertes ♦ Wi-fi uniquement dans quelques bars/restaurants, donc consos en plus.

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La vie à bord

Le mal de mer{de}… pardon !!

Avertissement : avant de commencer à lire ce message, cher lecteur adoré, éloignes tes enfants, munis toi d’un grand verre de niôle (le remontant) et d’un sachet pour vomir (le redescendant). Toutes mes profondes excuses à l’avance pour le langage utilisé dans ce texte ; il risque fort d’ôter toute la « GlamourAttitiude » que tu pense de moi 😀 Pour les nouveaux, bienvenue chez Seafamily !

MDMer

Ce blog ayant aussi vocation à éclairer la lanterne de ceux qui hésitent à franchir le pas du voyage en bateau, nous allons parler aujourd’hui d’un des inconvénients malheureusement bien présent – parfois dévastateur – et qui peut peser lourd dans la balance du projet : le mal de mer.

Késako ? Une mauvaise huitre qui ne passe pas ? Un léger imbroglio passager dans l’estomac ?

Que nini.. Je vais te parler du vrai mal de mer, ce {p#t@in} de mal qui te prend comme ça, qui te retourne tout le bazar à l’intérieur.. des tripes jusqu’au cervelet et qui ne te lâche plus avant que tu meurs totalement vidé.. si, si.. bon d’accord, il ne te lâche que lorsque tu reposes un pied à terre (et les deux c’est encore mieux !) et là remarques, c’est pour te donner le mal de terre, bref.

Le décors est planté, on peut commencer.. (tu peux avaler ton verre de goutte…)

1 – Le mal de mer, c’est quoi ?

Le mal de mer est une forme de mal des transports appelée aussi cinéthose. C’est une discordance entre  la perception visuelle, le système musculaire et le système vestibulaire de l’oreille interne qui commande notre sens de l’équilibre. Autrement dit, la cinéthose est provoquée par un déséquilibre que nous ne voyons pas venir. Balancements, roulis..  Lorsque votre environnement bouge, comme en mer, un signal est envoyé au cerveau pour dire « attention mon gars, ça bouge de droite à gauche ».. et de l’autre, il y a les yeux qui envoient eux aussi un signal qui dit sensiblement la même chose « hey mon gars, ça bouge aussi, mais moi c’est de bas en haut ! »..

Les yeux et l’oreille interne ne s’alignant pas, ce décalage entre les deux informations créera une confusion mentale, un déséquilibre. Tout cela est envoyé direct à l’estomac – qui lui prend les choses très à cœur.

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Le mal de mer arrivera donc le plus souvent, si tu es dans une houle importante et ‘cassante’ (vagues de face ou de coté et peu d’espace entre elles) car c’est là que le bateau est le moins ‘stable’, il roule et/ou tangue. Peu de risques en cas de mer d’huile.

Mais en fait, il n’existe pas d’explication ‘simple’ et unique au mal de mer. C’est le résultat de l’effet de plusieurs co-équipiers corporels en guerre, dont les quatre “F” sont les principaux (chapitre 4)

2 – Echelle de sensibilité

Il y a ceux qui sont ‘barbouillés’ dans les transports, qui ne peuvent pas trop lire en voiture etc..  Ceux là sont des petits joueurs, aux suivants !

Et il y a ceux qui nous intéressent aujourd’hui, ceux qui sont malades rien qu’en regardant un film en 3D (par exemple « Le monde de Pi ».. ), je te passe le détail d’un voyage en bateau et tout ce que cela comporte. Enfin non, les détails, je te les donne, t’es là pour ça.

Il va sans dire que nous ne sommes pas tous égaux face à l’adversité et que nous avons tous notre degré de sensibilité. Sur une échelle de 1 à 1O, suivant les individus, cela peut aller de la simple gêne gastrique notée 1, à la déchéance totale d’au moins 15 sur 10 😉 ! Ce qui est le cas pour 2 des 3 membres de la Team Seafamily !

Il s’avèrerait que les femmes sont plus sujettes que les hommes (message au créateur : il eût été sympathique de donner quelques merdouilles au Sexe Fort parce que dans le coup, on charge déjà pas mal nous avec les règles, l’accouchement.. Merci bien)

3 – Le mal de mer, ça fait quoi ?

Tu as d’abord la fameuse petite barbouillade, un léger malaise, tu ne te sens pas très bien et tu commences à maudire la choucroute de midi qui te remonte dans la gorge. Ensuite tu n’arrives plus à suivre une conversation, tes ‘co-équipiers’ te ‘gonflent’ … tu es sur la pente, c’est mauvais pour toi… Tu dois absolument te ressaisir, passes au chapitre 4 !

Si tu ne te ménages pas, c’est la dégringolade. (et là mon ami, prends ton sachet craft..)

Coté physique : vomissements intensifs, la tête qui tourne car tout bouge partout, faiblesse et tremblement (car tu es vide), tu ne tiens plus debout et le moindre effort c’est comme l’Himalaya à gravir en marche arrière…

Coté mental : c’est l’apothéose. Toutes les bonnes paroles de personnes souhaitant t’aider sont très mal venues, tout te saoule, tu étouffes en fait. Tu n’as qu’une envie, Abandonner et Renoncer à Tout et surtout, laisser tomber en 3 minutes, tous les projets que tu as mis 10 ans à préparer – logique quoi !! Tu arrives dans une détresse psychologique qui se démultipliera par 10 en quelques minutes. Tu veux en finir et te jeter par dessus bord pour que tout s’arrête, c’est pour toi la seule solution réelle. Tu pleures, tu es épuisé, tu veux mourir, je pèse mes mots 😦

Toute notion de bonne tenue est totalement inconnue et désormais inutile. La honte, tu ne connais plus non plus, bien entendu : tu as du vomi partout, mais tu t’en fous, les cheveux collés au cake-o-thon, mais tu t’en fous, tu pues, mais tu t’en fous, tes viscères se tordent tellement qu’elles poussent tout vers le bas (oui tu penses bien à la même chose que moi), tu te vides donc aussi par là, tu restes même dedans jusqu’à l’arrivée {ça aussi tu t’en fiches}, de toutes façons tu es bien trop faible pour risquer de te changer dans un bateau qui continue à bouger (manquerai plus que tu t’écrases le poignet dans une secousse mal gérée). Bref, tu es in-con-trô-lable.

C’est un cercle vicieux, la moindre de tes faiblesses laisse une porte ouverte au mal de mer, qui une fois installé, te décime tout doucement jusqu’à atteindre la déchéance totale, physique et morale.

Si tu as réussi à passer ce cap sans éteindre le pc et si nous sommes toujours amis sur F@ssebouk : je vais te donner quelques conseils vérifiés pour t’en sortir ou accepter ton sort le cas échéant.

4 – Les facteurs aggravants ou les 4 F

La règle des 4 F est bien connue en mer. Ce sont les 4 éléments qui doivent êtres scrupuleusement respectés ensembles, en cas de houle, sous peine de voir ta bonne humeur s’échapper. Ainsi que celle de tes co-équipiers du jour..

Faim – Frousse – Froid – Fatigue

Faim = Manges peu mais souvent, n’aies jamais le ventre vide en fait..

Frousse = L’appréhension est normale, il ne faut pas qu’elle prenne le dessus.. Si tu es dépressif, oublies ton voyage en mer.

Froid = Ne jamais avoir froid, au contraire, toujours ‘avoir chaud’, sans excès

Fatigue = Prends la mer bien reposé, pas après une folle soirée en boite de night, de toutes façons tu as passé l’âge..

5 – Remèdes

En fait, si tu te sais sensible, il faut veiller à ne pas lui laisser la porte ouverte à ce mal de mer, sinon, c’est fini, il gagne du terrain et c’est quasi impossible d’en ressortir.

Tu as toujours le choix aussi de t’en remettre aux médocs, suivant tes convictions/habitudes et degrés de sensibilité : chez Seafamily, les bracelets étaient très décoratifs sur mes poignets et les cachets m’ont donné un œdème de Quincke. Je préfère désormais m’en remettre aux méthodes naturelles et apprendre à repousser le mal de Mer. Car ici il est force 10.

⇒ Déjà, ton attitude : ne chatouille pas le bidule en faisant la follasse à regarder partout, en bas, en haut, devant derrière.. Ne lis pas (comme en voiture quoi.. ). Ne regardes plus par terre, ton champs de vision doit toujours être au dessus de ton nez. Évites d’aller à l’intérieur du bateau, là où les yeux ne suivent plus le tempo de l’oreille interne. C’est très souvent comme ça que cela commence.

⇒ Si possible, prends la barre, ce qui t’oblige à toujours regarder l’horizon (ainsi les yeux bougent en même temps et dans le même sens que l’oreille interne, c’est bien les 2 du fond suivent.)

⇒ Pars après un repas, mais pas une overdose de raclette/vin savoyard non plus ; ou alors finis toi avec un bédo et va t’allonger direct avec sceau et sopalin !

⇒ Manges de préférence des aliments faciles à re-vomir et goûtus à remanger dans l’autre sens : bananes, patates, pain, soupes aux légumes, riz.. ce qui te fait plaisir. Surtout pas de mets acides ni de chewing-gum car ils font fait travailler l’estomac à vide pour rien. (tu gardes les chewing-gum pour la fin de l’apocalypse, cela évite à tout l’équipage de profiter de ton haleine porcine..)

⇒ Couvres toi de façon à avoir chaud, aucun frisson ne doit parcourir ta peau de (sirène)(déesse)(future épave). Au besoin, mets ta cagoule, et oublies le ridicule…

⇒ L’estomac étant fragile, les odeurs sont très néfastes aussi : le moteur, une clope, un parfum.. (une copine qui dégueule avant toi..)

Vu sur un forum et testé chez Seafamily, le végétarisme. Reste à confirmer sur du long terme mais pour le moment, c’est plutôt prometteur. Vive la raclette patate !

Si malgré ces précieux conseils, le mal se pointe, Action – Réaction !

* l’accepter et Lâcher prise ! il a gagné…

* foutu pour foutu, se faire vomir (ça prend moins de temps que d’attendre que cela vienne/reparte/revienne etc.. )

* tu peux respirer un peu d’huile essentielle de menthe poivrée ou de gingembre, ça soulage un temps.

* bois du Coc@ ou autre boisson gazeuse : le sucre contenu dedans t’aide à garder un peu de peps et les bulles te font faire des rototos de dingue qui soulagent grave.. !

* se réfugier à l’endroit le plus immobile du bateau, au dessus de la quille, sur le sol (ou le top, dans une couchette où tu ne dérangeras personne) et allonges toi sur le ventre, les yeux fermés. L’estomac est calé et il ne reste qu’à gérer l’oreille interne, qui subira juste un bercement

* encore une fois, se détendre et lâcher prise.. Essayes de dormir. En 5 minutes, la douleur part, le corps se calme et ne reste que l’état de légume.

Top Two conseils :

* 1 *

Même si pour toi, au fond de ton canapé c’est ultra logique, dis toi qu’au moment de l’acte (donc quand tu as aussi vomis ton cerveau), IL FAUT TOUJOURS PENSER AU SENS DU VENT AVANT DE VOMIR… (tu veux un dessin ? )

* 2 *

Si tu as la chance de barrer, prépares tout de même un équipement adéquat (Sakavomi – sceau) car si tu es seul(e) un instant (par exemple que le capitaine est partit laver une petite déjà bien malade) et que c’est à ce moment là que la choucroute se fait la malle, soit tu te lâches sur la barre à roue (et merci bien pour le prochain qui la prend) soit, ben… tu devras TouT ravaler pour passer inaperçu(e) ! tu peux aussi faire dans ta veste de quart, ça tient chaud.

◊ ◊ ◊ ◊

Bref mon ami[e] tu l’auras compris,  le mal de mer est une expérience terrible qui remet tout en question quand tu es en plein dedans. Une fois sorti, c’est comme l’accouchement, c’est derrière toi et tu remettrais pourtant ça dès que possible !

En tout cas n’envisages surtout pas un premier rencart amoureux sur un bateau si tu es sensible de l’estomac, ça peut vite tourner au drame et tu risques fort de laisser un souvenir impérissable à ton futur-ex (et des vidéos sur Y@uToube 😀 )

Amen.

Il est bien évident que toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé, n’est que pure réalité. Tous les faits sont « du vécu ». (pour le maintient de notre amitié, je te défends de rigoler.. !)(je te vois..)

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Nous ne sommes pas médecins. Les conseils donnés « en cas de mal de mer » dans ce message sont purement personnels et ont été testés et vérifiés pour la Seafamily. Ils fonctionnent pour nous. Bien qu’ils se regroupent tous – chaque personne a ses propres déclancheurs, il faudra adapter les conseils pour vous, selon votre sensibilité et vos besoins sur le moment. Merci et BOn CouragE !

Navigation

Traversée pour les Baléares

Olà olà !!

Comment vous allez bien ?

Après quelques jours à Cadaqués, nous nous préparions à envisager la traversée pour la première Ile des Baléares. Nous commencerons par la baie de Fornells à Minorque. C’est un beau matin qu’une fenêtre météo inattendue s’annonce pour un départ le jour même. Vent du nord qui nous pousserait bien juste là où il faut, 15/20 nœuds et une petite houle sans importance (on y a cru…). Le temps de trajet prévu est d’environ 30 heures avec une moyenne de 4 / 4,5 nœuds, vitesse de croisière d’Espalmador.

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On prépare donc rapido les victuailles pour les heures qui viennent, car on sait d’expérience, que d’avoir de la bouffe cuisinée et prête est le top-summum-deluxe en mer, surtout si il y a de la houle (donc un matelot malade qui ne sert plus à rien..). Cake salé fromage-thon, cake sucré banane-chocolat. Soupe au potiron et Dahl lentilles-coco préparés et mis en conserve cet été. => Mets de choix testés nickels à revomir sélectionnés par Seafamily herself.

 

Nous partons vers 14h de Cadaqués, histoire d’arriver avant la tombée de la nuit sur le mouillage de Fornells le lendemain. C’est parti pour 148 Miles (248 kms).

Le pilote automatique prend le relais tout de suite car c’est une « route droite », on n’a qu’à se laisser porter et profiter.

Sauf que loin des terres, on a tout de suite compris. Un vent nous pousse de l’arrière, c’est top. Mais une jolie mer formée nous accompagne déjà, une houle de 1 m à 1,5 mètres nous prend de travers. Ça avance bien c’est sur, mais ça tangue et roule tellement qu’à 17h à peine,  les premières victimes font leur apparition : le ptit Mouss file au lit un peu nauséeuse et le Matelot, ben… c’en est déjà fini 😦

On sort les gros pantalons de navigation, les vestes de quart, les bonnets et bien sur les gilets de sauvetages, toujours attachés aux lignes de vie quand on est à l’extérieur. On est bien couverts mais autant te dire que lorsque tu as envie de pipi-popo et que cela valse de partout, c’est la guerre avec tes bretelles. Tu comprends bien que chaque seconde est précieuse et que tu dois absolument être synchro avec la prochaine vague sous peine de remonter ta culotte dans la mauvaise jambe et de finir la tête dans la poubelle des toilettes !!

Un énorme navire de croisière nous double, nous ne l’avions pas vu arriver de derrière, forcément lui avec ses 18 nœuds.. Puis plus rien pendant des heures..

La nuit arrive, notre premier couché de soleil en mer, on distingue à peine la côte espagnole qui s’efface légèrement. Le Captaine a souhaité tester le duo trinquette et génois : mais au fur et à mesure que le vent se levait, il a compris que la trinquette devenait plus une gêne qu’autre chose et surtout un manque de sécurité à aller sur le pont avant pour la régler. Il l’affale (la baisse) et la laisse sur place, ça attendra demain.

La mer nous entoure doucement, la nuit nous enveloppe, les étoiles filent dans le ciel et nous survolent, le seul bruit existant est celui des vagues venant cogner violemment contre et au dessus la coque du bateau, désormais bien secoué.

Le second bruit est celui du matelot qui continue sa léthargie… elle a beau faire un vœu à chaque étoile filante, il y a encore 16 à 17 h de ‘route’ et elle sait que la nuit va être très longue.

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Trêve de poésie, la réalité nous rattrape :  une grosse houle s’est formée, le vent à forcit. D’environ 23 h à 3 – 4 heures du matin, c’était assez dur : 4 mètres de creux et un vent de 30 nœuds établis, faisant des pointes à 35 à 40 nœuds. La vitesse moyenne est de 7 à 8 nœuds durant 3 à 4 heures. Le bateau file à vive allure au milieu de cette baignoire géante, faisant même l’honneur de faire des pointes à 12 nœuds ! c’est incroyable pour ce gros pépère Espalmador.. Vous dire que ça soufflait assez fort..

Dans ces conditions, la nuit à bord n’a rien de romantique ni féerique, c’est indescriptible : ça secoue beaucoup et surtout, tout est amplifié. Tu ne vois rien autour de toi, tout est noir et sans lune pour cette traversée, tu sens juste le bateau se relever à l’arrière et tomber vers l’avant, soulevé par la vague qui lui arrive au cul.. Ou encore celles qui arrivent de coté et qui font presque coucher le bateau à 40° par moment. Tu te sens tout petit au milieu de tout ça, tu ne sais pas ce qui va te tomber dessus… à part de la flotte salée et froide, qui ne te fait plus aucun effet. Le temps est long, long… Quand en plus tu as le mal de mer, tu es dans un état second, c’est l’agonie totale. Un prochain message sur le mal de mer arrive, il t’expliquera bien des choses mon ami..

Avec le Capitaine, on fait nos quart, presque deux heures chacun. Pas trop de règles pour notre première nuit, c’est un peu « comment-on-le-sent ». J’avais du mal à le laisser seul dans le cockpit car de la cabine, à l’intérieur, les bruits sont amplifiés : quand la mousse des vagues passe sous le bateau, tous les appendices vrombissent, c’est terrible. Tu as l’impression que le bateau va se craquer en deux, tout bouge, tout cogne, tout secoue. Même dans ton lit tu n’as plus d’équilibre..

Bref, on y était et en plein dedans !

Ci dessous la carte de route qui indique aussi la profondeur des fonds qui étaient sous nos pieds, indiqués par les nombres en gris.. c’est en mètres J Le trait rose venant du nord, c’est notre trajectoire. Pour le Matelot qui a peur de l’eau, autant te dire cher ami qu’elle en est tombée dans les pommes rien qu’à voir le nombre !! 2380 mètres sous les pieds (avec je-ne-sais-quel-poisson inside…), de nuit, truc de ouf..

Capture traversée Baléares

Le jour se lèvre doucement vers 7 heures, la houle est redescendue à 1 à 2 mètres, espacée de 10 bonnes secondes avec un vent de 15/20 nœuds. On commence à voir des mouettes, ça veut dire qu’on approche la Terre, ouf ! Ce n’est qu’une mini délivrance car la Terre est encore à quelques miles, moi j’en peux plus..

On termine notre route avec une mer qui se calme, petite houle, 5 nœuds de vitesse. On aperçoit enfin la cote mais il nous faudra encore environ 5 heures pour arriver à destination. Il est 14 h quand nous jetons l’ancre dans la baie. Pile 24 heures pour traverser, merci le vent dans le dos !

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A peine arrivés, le matelot impose d’aller se sustenter sur terre, car elle n’est pas du tout en état de faire quoique ce soit. De plus le bateau est dans un état, euh.. pitoyable (et l’équipage aussi l’air de rien !!) Il faut reprendre des forces pour nettoyer le bateau du sel, les vêtements.. le vomi 😀 ! hahaha

Le Mouss a dormi tout le voyage et n’a rien compris de la nuit que nous avions passé : « Ah ouais, ça bougeait ? ben j’ai bien senti que ça secouait mais j’étais bien calée au chaud, j’ai troooop bien dormi.. Et vous ça va ?? » ose t-elle nous demander avec son sourire ultra brite.. Greuuuhh comment a t-elle pu ne rien entendre ??

Le Matelot s’est vidé pendant 19 heures et n’a pas dormi, la nuit blanche a eu raison de son teint de sirène…

Le Captaine a fait aussi nuit blanche forcément, mais a réussi à rester digne et debout, malgré son manque d’équipement contre le froid ! Il gère comme… un Captaine (il est là pour protéger (les princesses) son équipe et il y arrive très bien 😀 )

C’est notre première et on avoue sans honte que c’était très éprouvant. La mer houleuse révèle ton toi intérieur et la nuit pousse tes limites. On ose aussi dire que nous ne sommes indéniablement pas des navigateurs mais de simples voyageurs en bateau ! La nav, dès que les conditions se gâtent, c’est pas notre trip’  🙂

On se revoit très vite les copains, on va essayer de vous faire découvrir l’Ile de Minorque ! On vous embrasse (on est tout propres maintenant :p )

 

Nos escales

Cadaqués

Coucou !

Déjà 3 semaines de passées et nous sommes encore « à côté » de vous 😉

Après avoir passé quelques jours à Puerto de la Selva, nous avons rejoint la baie de Cadaqués, toujours dans le but de caboter en attendant la bonne fenêtre météo pour nous rendre aux Baléares. Et faut avouer aussi, pour se préparer psychologiquement à notre première traversée à nous, seuls au monde 🙂

A peine deux heures de nav, nous voilà arrivés dans ce charmant petit village, où nous aimions venir de temps en temps, le weekend, quand nous étions terriens ! Cela nous fait tout drôle de voir le village d’un autre point de vue, celui de la mer..

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Une fois le mouillage effectué, notre ‘truc’ (genre on a déjà des habitudes des vieux voyageurs 😀 ) donc notre truc c’est d’aller rejoindre la terre pour commencer déjà à repérer les utilités : supermercado et points wi-fi surtout (mais qui sont bien maigres..) On se détend aussi quelquefois en se goinfrant de gaufres au chocolat ou de glaces… c’est bon pour le moral quand on a eu une nav pourrie !

Sur le bord de mer, il y a un Casino point wi-fi,  cela ressemble plutôt à un bar de quartier mais nous n’avons que ça à proximité donc… Il vous en coutera 2€ de l’heure de connexion, par appareil (+ les consos..) mais la wifi est trèès lente donc pas le temps de faire grand chose.

Un soir, nous allons gambader dans les ruelles montantes et descendantes de Cadaqués et nous sommes tombés sur un chouette resto/bar comme on les aime « Le Brown Sugar » : de la bonne zic, une ambiance ultra chaleureuse, lumière tamisée et – il me semble –  tous les cocktails et plats sont faits maison et devant nous, bio ou végé.. le top quoi..

Quand on nous prend par les sentiments, il nous en faut peu. C’est parti pour un petit moment de détente. Groundation dans les oreilles, la jeune nana très sympa nous concocte de succulentes tapas sous nos yeux : guacamole, pan con tomate et fromage. Des cocktails de ouf à la demande : le Mouss prend un Banane/Pomme et le Matelot, un mélange Ananas/Coco/Papaye. En un mot, on vous le recommande si vous passez par là.

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La serveuse Manon Reilavehc est également chanteuse à ses heures presque perdues, n’hésitez pas à swinguer sur son site pour découvrir cette merveille !

Arrêt de deux jours seulement car il y a finalement une fenêtre météo idéale pour partir : du vent dans le dos, un peu de houle mais pas grave.. C’est parti !

◊ ◊ ◊ ◊ ◊

Les +

Mouillage gratuit sur bouée (parce nous sommes hors saison bien sûr)

Baie bien protégée pour vent du nord

Deux supermarchés plutôt bien achalandés, à 5 minutes à pied

Un ou deux magasin d’accastillage nautique, prix habituels,idem, à 5 minutes

Reste très vivant en cette période

Wi-fi au Casino, (mais débit très lent)

Les –

Pas d’avitaillement essence/eau

Débit wi-fi très chargé

 

Nos escales

Ça y est, on est partis !

Bon revenons un peu au sérieux, vu qu’on ne peut vraiment pas compter sur nos amis 😀

Nous sommes partis le dimanche 15 octobre à 11h de St Cyprien.

Peu rancuniers, nous remercions quand même nos amis de nous avoir tenus le « bout » (prononcer ‘boute’ hein..) jusqu’au départ. L’air de rien, nous étions tout de même 20 au bateau, c’était folklo ! Il y avait quelques absents, mais nous pensions bien à vous aussi.

Nav prévue de 5 h environ, 10 à 15 nœuds de vent du Sud, donc face à nous. Direction Calla Taballera, près de Puerto de la Selva, qui nous protègera de ce vent.

Sauf que nous n’avions pas vu ou fait attention à la houle annoncée, ce qui n’arrange pas nos affaires.. A peine 2 heures après le départ, nous étions en face de la baie de Paulliles seulement. Le Mouss montre de forts signes de faiblesses,  prétextant un mal au coeur.. OK.. A la deuxième énonciation d’un « Laissez moi mourrirrrrrr.. », on a confirmé que le mal de mer sévissait bien. C’est LA phrase préférée et inévitable des nauséeux 😀 !

Quelques minutes après, c’est moi qui m’avoue vaincue et lâche prise (mais pas que 😀 !!). Le Cap’taine est donc seul maitre à bord, du vent dans la face et une mer houleuse de plus d’1,5 m parfois. Certaines vagues viennent jusque dans le cockpit, c’est frais mais finalement c’est l’idéal pour nous rincer la figure de nos gerboulades.. cool ! C’est assez sport,  le Cap’taine se prend même la drisse du génois en plein fouet, c’est le coude qui l’arrête. Il est bon pour un gros et moche bleu (vert et noir… beurk). Le génois lui,  lâche d’un peu partout, les coutures une après une, la bande anti – uv qui s’arrache,  il est en piteux état mais tiendra jusqu’à ce soir.

La nuit approchant, la crique étant encore loin, nous révisons nos projets pour gagner la baie de Puerto de la selva (gratuite en hiver), plus proche et surtout équipée d’un port qui pourrait bien nous servir pour nettoyer tout le monde. Nous avons bien une salle d’eau au bateau mais là, c’est le karcher qu’il faut !

Arrivée 19h30, la nuit tombante. On jette l’ancre dans la baie. Ouf ! On détache notre pavillon Français.. tout un symbole. Nous ne le reverrons pas de sitôt.. Bienvenidos en Espana !

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Après un bon gros jet d’eau réparateur, nous décidons de nous octroyer une bonne paella dans un restau.. on va dire que le Matelot n’est pas d’humeur (ou d’état) à cuisiner !

Nous passons ensuite quelques jours à remettre le bateau dans un état de propreté digne de ce nom,  la pluie aidant sur deux jours, cela a dessalé une bonne partie du ponton. Ensuite, le quotidien c’est .. réaliser qu’on est partis.. flâner, prendre de nouveaux repères, dormir, récupérer de ses dernières semaines de ‘stress et de préparation intensive », apprendre l’espagnol devenu notre nouvelle langue pour les 3 prochains mois au moins. Nous apprenons à ne rien faire, nous occuper de nous et prendre du temps en famille. On remet l’école au gout du jour, qui n’est pas forcément celui du ptit Mouss ! « Hein quoi l’école ? mais mes cops elles sont en vacances elles ! » La pré-adolescence nous guette..

Le jeudi soir, nous prenons une nuit au port afin de nettoyer correctement les voiles et le bateau, remplir les cuves d’eau douce et de gasoil, refaire quelques courses, sécher le linge et nous connecter à la wifi du port pour choper une nouvelle météo. Il faut planifier notre traversée vers les Baléares, environ 30 heures cette fois. Autant être sûrs de nous 😀 Nous en profitons pour changer le génois. Celui-ci était un ‘vieux’ mais nous pensions quand même qu’il nous tiendrait plus d’une nav. Nous le ferons réparer dans un endroit peu cher et mettons le neuf à la place..

Petit moment d’égarement (faut relâcher la pression non ?!!)

Le Port de Puerto de la selva est plutôt petit mais bien protégé, nous avons payé pour notre bateau 30€ la nuit (contre 96€ en été.. no comment) Le personnel technique est aimable et poli, les secrétaires à l’accueil de la Capitainerie aussi, elles parlent un peu français donc tout le monde comprend tout le monde. Les douches sont méga propres, la laverie plus que nickel, les machines sont ultra modernes. St Cyp devrait en prendre de la graine.. hum..

En cette période, encore 4 ou 5 restaurants ouverts, jusque tard le soir, vive l’heure espagnole ! Un ‘Spar’ correctement approvisionné,  quelques boulangeries, une maison de la presse (commerçant très aimable).

La météo en octobre est plus capricieuse, nous sommes dans des vents du nord de plus de 40 nœuds pendant 2-3 jours encore. Nous allons donc nous protéger plus au sud, à Cadaqués en attendant une fenêtre météo plus clémente.

A bientôt tout le monde !

Adios.